Comment faire de l’erreur un levier d’apprentissage

[/fusion_text][/fusion_builder_column]

Et si je vous disais : « Colorie la moitié des voitures en rouge ».

Le résultat attendu et statistiquement le plus important est la réponse 1.

Pourtant, cette consigne peut aussi donner la réponse 2. Cette réponse sera la plupart du temps considérée par le formateur, l’enseignant, l’éducateur comme… une erreur ! Ce qui peut amener à sanctionner l’élève.

Dans cet exemple, chacune de ces réponses a provoqué une émotion, chacun pense avoir répondu de la manière la plus appliquée possible à la demande. Et dans le même temps, nos conditionnements peuvent nous amener à craindre de s’être trompé. C’est l’évaluation de l’enseignant qui va qualifier la production de juste ou d’erronée.

Faire chemin dans l’apprentissage 

Si l’exercice visait à évaluer les compétences de dénombrement, la consigne aurait été plus claire en le disant : « Entoure la moitié des voitures et colorie -les en rouge ». Entendons-nous bien, il ne s’agit pas seulement de clarifier une demande, une consigne ; l’enjeu est de redonner sa place de ferment à l’erreur et de rester en lien vivant. C’est à dire exprimer nos réactions et accueillir sans jugement celle de l’autre.

Développons notre curiosité et ouvrons notre esprit à la différence de penser de l’autre. Oui, mais comment ?

L’empathie pour sortir de la boîte et être moi-même !

L’essence de l’évaluation est de permettre à l’apprenant de faire chemin. Dépasser le jugement binaire juste / faux et entrer dans la construction de ce qui fait sens en interrogeant l’élève. Et pour cela, accepter que la dimension affective pré-existe à la dimension pédagogique. Je peux exprimer ma surprise face à la réponse 2 et en toute humilité mesurer que la consigne n’était pas claire, que les deux réponses sont justes et pourquoi pas remercier l’élève de me permettre d’apprendre grâce à sa réaction. Ainsi, je peux décider d’établir une autorité avec l’autre plutôt que sur l’autre. En sortant du rôle d’éducateur, je peux savourer le plaisir d’être humain en lien avec un autre être humain qui comme moi a un besoin

Changer le statut de l’erreur 

Postulons qu’une évaluation pourrait davantage être une balise sur le chemin de l’apprentissage qu’une sanction des erreurs commises. Ce changement de posture invite à développer toute notre créativité, c’est à dire à faire de la relation une occasion mutuelle d’apprendre !

« Le seul objectif éducatif qui ait un sens, c’est l’adaptabilité, c’est-à-dire la foi dans un processus plutôt que dans un savoir figé » Carl Rogers 

Cette approche peut tout à fait s’appliquer dans le champ de l’entreprise, de l’organisation au sens large.

Pour ce faire, voici deux pistes :

  1. CONNAÎTRE SON MODE D’AUTORITÉ.

« Comment je fais pour être suivi par ceux qui m’écoutent ? »

La question qui se pose alors est « de quel endroit je veux que ça vienne chez eux ? »

  • L’autorité SUR l’autre : elle repose sur une croyance selon laquelle c’est le pouvoir que j’ai sur l’autre qui me donne de l’autorité ; je peux donc punir ou récompenser en fonction de ce qui est bien ou mal fait (selon mes propres critères d’ailleurs). Les conséquences en sont de faire ressentir un état de soumission ou l’envie de se rebeller ou de s’oublier.
  • L’autorité AVEC : j’ai quelque chose que l’autre ne connaît pas, un savoir, une compétence et, dans cette vision horizontale, j’ai conscience que l’autre a autre chose. Ici, c’est en m’ouvrant aux apports, à la créativité de l’autre que nous pouvons ensemble construire. L’enfant, l’élève, le collègue, sait faire quelque chose que je ne sais pas ou plus faire et c’est en le considérant, en l’écoutant de manière active que je recueille son adhésion.
  1. RESPONSABILISER L’AUTRE

La première étape est de développer la capacité à sentir ce que vit l’autre, c’est à dire l’empathie. Nous avons tous fait l’expérience qu’au bout d’un certain temps à écouter, notre esprit s’échappe. Nous pouvons observer que notre attention est davantage nourrie lorsque nous sommes mis à contribution….et bien pour les élèves ou les collaborateurs, il en est de même. Leur besoin d’expression et d’autonomie rejoint le nôtre. N’hésitons pas à leur confier des rôles liés riches en apprentissages : le gardien du temps, le gardien de la parole ou encore le coach qui synthétise les notions que nous venons de voir, le pousse décision à l’image des processus délégués d’Alain Cardon.

Ces notions sont reprises dans la formation Iris : clefs et leviers pour animer vos équipes en mode agile

ET SI NOUS RENDIONS NOS ÉVALUATIONS CRÉATIVES ?

L’évaluation comme un arrêt sur image d’un processus, qui va me donner de multiples informations quant aux critères de qualité, aux priorités, aux effets systémiques, aux besoin des personnes impactées ou actrices, à la clarté ou non des objectifs ou de la vision, au degré de motivation ou aux causes de résistances,…
Bref : une étape clef dans nos parcours de résolution de problèmes, dans nos capsules pédagogiques, dans nos projets d’innovation, dans nos mode de management ,…

RETOUR A L’ACCUEIL
[/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]