Je ne veux plus de Post-it !

Cette phrase, je l’entends de plus en plus souvent prononcée par les animateurs en créativité que je forme. De ce que j’en ai compris, on peut identifier 3 causes à cet énoncé :

1) Certains clients trouvent l’usage de post-it « primitif » et pas assez moderne.

Ils ont en un sens raison si , à la fin d’un atelier, ils repartent avec une forêt de Post-it qu’il va falloir ensuite prendre le temps de retranscrire. Alors oui dans ce cas, les outils digitaux peuvent permettent de saisir les idées en temps réel puis de les afficher sur vidéo projecteur avec différents filtres, et semblent donc une réponse à cette problématique. Toutefois, le Post-it a des vertus qu’il s’agit de préserver :

  • la spontanéité de l’écriture des idées,
  • le fait de pouvoir énoncer ses idées face à un sous-groupe (et se montrer en le faisant !)
  • le fait de les coller, de les décoller pour les reclasser ensemble,
  • le fait de pouvoir remplir à toutes allure une matrice morphologique pour ensuite les redistribuer de façon aléatoire, etc…

Ces paramètres sont clés pour l’énergie de groupe et l’implication conséquente que requiert un atelier de créativité.

2) Certains participants ne sont pas à l’aise avec l’écriture et l’orthographe

Cela est de plus en plus fréquent dans une époque où on lit de moins en moins. De plus, quand le cerveau est en mode « idéation », la partie de celui ci qui gère l’orthographe est beaucoup plus difficile d’accès. Une solution simple serait d’avoir un scribe volontaire dans le sous-groupe qui écrive soit sur des Post-it soit sur une feuille de paper board.

3) Le passage par l’écrit bloquerait la créativité de certains

C’est le cas en particulier des personnes qui sont plutôt manuelles dans leur métier ou n’ont pas ou peu l’habitude d’écrire. J’ai eu à adresser cette difficulté lors de la formation d’animateurs-facilitateurs travaillant pour une communauté d’agglomération et ayant souvent des agents peu qualifiés comme participants à des processus collaboratifs. Cet enjeu fut particulièrement motivant pour moi car je suis convaincu que tout le monde peut être créatif si l’on prend soin de poser le bon cadre et le bon processus. Il existe en effet des processus d’idéation qui ne passent pas par l’écrit et qui souvent permettent d’aller plus facilement vers de la rupture. Ces processus sont ceux qui passent par des constructions manuelles (bouchons, lego, collage,…) avec des temps individuels et collectifs, puis par des temps de partage oral (et de rebond) sur ce qui a été construit. Les processus en aquarium sont également puissants, avec un groupe au centre en idéation libre et un groupe en périphérie qui attrape au vol les paroles qui ouvrent des possibles par rapport au défi adressé.

La créativité collaborative fonctionne efficacement grâce à la diversité des fonctionnement neuronaux et des histoires de chacun(e). Cette diversité fait la richesse d’un atelier de groupe. Les bons processus sont ceux permettant de faire émerger la richesse du groupe, mais aussi ceux qui facilitent la complicité.

Les approches manuelles en font clairement partie et sont une bonne une alternative au sacro-saint post-it, alternative que je vous invite à explorer.

Pour en savoir plus sur l’idéation par constructions manuelles, la prochaine formation, c’est ici !

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