Le concert de silence

Une respiration pour écouter les bruissements des idées neuves.

« Du silence naît tout ce qui vit et dure ; car c’est le silence qui nous relie à l’univers, à l’infini,
il est la racine de l’existence et par là l’équilibre de la vie. » Yehudi Menuhin

La nuit tombe avec ses couleurs intenses et profondes, et afin de se préparer à la nuit, nous nous réunissons, adultes et enfants, sur la colline face à la mer, dans la douceur estivale. Qui veut commencer le concert de silence ? Pour Elouan 5 ans, ce sera une grande fierté de lancer le concert. Till, 6 ans, aime sonner la fin du concert. Il aime
décider de la durée de ce moment suspendu, et nous offre souvent un temps long et plein, pour notre plus grande joie. « Le concert de silence commence ! » . Et voilà enfin que nous sommes ensemble, sans mots, dans une écoute fine des sons de la nature, tous en lien, tous présents. Le silence devient un jeu d’enfant. Il est alors possible de s’offrir un vrai calme, une vacance, passer du brouhaha des mots à l’écoute du bruissement de la nature. Une sensation de connexion, un moment privilégié d’éveil des sens, de présence à la vie et au monde. Je suis étonnée de tant d’attention sereine chez les adultes et les enfants aussi, si friands habituellement de mouvement. Puis résonne le cristallin « Le concert de silence se termine ! ». Tout est calme, et nous sommes prêts à nous plonger dans les bras de Morphée.

Le silence, un outil puissant de créativité

Dans la facilitation en créativité, le concert de silence peut être invité comme une pause, une inspiration. Car être ensemble pendant un temps dédié, avec l’oreille tendue vers les souffles du monde, offre ensuite aussi une belle qualité de partage. Nous tendons d’abord l’oreille vers l’extérieur, dans une prise de conscience du monde sonore dont nous faisons partie, puis nous dirigeons ensuite l’écoute vers l’intérieur de soi, à la recherche des idées neuves, des initiatives naissantes. Y-a-t-il là un souffle d’idées émergentes ? Si je fais silence, pourra-t-il se laisser entendre ? Il y a parfois en effet des idées si timides qu’elles ne peuvent naître que dans une fleur de silence. En facilitation, je passerais l’extrait de « la belle verte » et j’offrirais au groupe ce temps de silence, ce temps d’écoute, passant de l’écoute du dehors, à l’écoute du dedans.

Cet été, au cœur de la nature, sera l’occasion idéale pour créer entre tous, adultes et enfants, ce petit rituel du soir du « concert de silence », moment frais et croustillant.

RETOUR A L’ACCUEIL