Les ateliers philo de la Fondation SEVE :
une belle expérience de pensée divergente

Je suis en train de me former à l’animation des ateliers philo à l’attention des enfants, organisés par la Fondation SEVE créée par Frédéric Lenoir. Cette idée a émergé chez Frédéric suite aux attentats de Charlie, au regard de l’urgence à former les jeunes à la pensée complexe, et ainsi éviter le manichéisme, les croyances en LA vérité, et le refuge des adolescents et jeunes adultes dans des groupuscules en dérive radicale (islamisation, sectes,…). Ce projet a rencontré un succès inattendu tant auprès d’enseignants prêts à ouvrir leur classe à ces ateliers, qu’auprès d’adultes volontaires trouvant enfin là un projet plein de sens et désireux d’y contribuer.

La formation des animateurs de ces ateliers est riche à bien des égards, avec des formateurs-enseignants passionnants, qui nous donnent les clefs pédagogiques pour pouvoir animer ces ateliers, les rudiments de psychologie des enfants et adolescents, quelques clefs de neurosciences affectives appliquées à la pédagogie, les fondamentaux de la philosophie, et une pratique de l’attention inspirante pour pouvoir soi-même l’animer, permettant aux enfants de pouvoir se concentrer pendant près d’une heure. Des séances de pratique et un Mooc accompagnent cette formation.

Je me suis inscrite au départ dans ce projet car il me semblait être une proposition pédagogique innovante et ouverte, offrant une belle réponse à la chute de la pensée. Je réalise qu’en fait ces ateliers sont une formidable occasion d’ encourager et valoriser enfin la pensée divergente chez les enfants.

Un processus d’intelligence créative

Après avoir posé des règles de fonctionnement qui ressemblent à s’y méprendre aux règles de fonctionnement de tout atelier de créativité, les enfants sont invités à réfléchir à partir d’une question philosophique « existentielle » la plupart du temps issue de la lecture d’un conte, d’un film,… Un temps de réflexion personnelle : l’enfant est invité à « faire des listes » de questions, d’hypothèses, de définitions, d’idées, de réponses à la question, puis rassemblés dans des « cercles de sagesse », ils partagent alors leurs réponses au sein du sous-groupe, et identifient les 2 ou 3 réponses qu’ils exposeront au grand groupe. Ces réponses sont ensuite collectées et constituent ainsi le matériau de base de l’atelier philo, par reclassement en concepts. Ce processus très simple permet ainsi à l’enfant de :

  • découvrir que lui même peut apporter plusieurs regards, plusieurs réponses et non une seule réponse
  • identifier qu’il n’y a jamais une seule réponse juste à une question complexe, ce qui est l’objectif même de ces ateliers philo
  • Identifier sa propre subjectivité
  • Prendre en compte la différence de l’autre, mesurer en quoi cette différence devient une véritable richesse, apprendre à co-construire à partir de la diversité des points de vue.
  • Et bien sûr accepter que sur certaines questions existentielles, cela fait des millénaires que les humains se posent de questions sans forcément avoir LA Réponse.

Les enseignants eux même sont souvent surpris des réflexions des enfants – Certains enfants les étonnent même ! Parfois époustouflés par l’efficacité de ce type d’approche pédagogique à base de réflexion divergente, beaucoup d’entre eux sont amenés à les transposer dans leurs autres matières et apprentissages.

À toutes celles et ceux qui rêvent depuis longtemps de voir la pensée créative un jour fréquenter les bancs de l’école, je vous invite à vous inscrire dans ce projet : nous y avons tout l’espace possible pour pouvoir y faire pratiquer la pensée divergente, au moins sur des questions philosophiques.

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